- 8 July 2026
- Le blog de Neuro-Concept
Troubles de la marche : comprendre, évaluer et rééduquer pour retrouver son autonomie
Marcher est un geste si naturel que nous oublions souvent toute la complexité qui se cache derrière chaque pas. Pourtant, la marche mobilise simultanément le cerveau, la moelle épinière, les nerfs périphériques, les muscles, les articulations, la vision et l’équilibre. Lorsqu’un de ces systèmes est perturbé, des troubles de la marche peuvent apparaître et avoir des conséquences importantes sur l’autonomie, la participation sociale et la qualité de vie.
Chez Neuro-Concept, l’équipe accompagne quotidiennement des personnes présentant des difficultés à la marche d’origine neurologique, orthopédique ou liée au vieillissement. Mieux comprendre ces troubles constitue la première étape vers une prise en charge efficace.
Qu’est-ce qu’un trouble de la marche?
Un trouble de la marche désigne toute modification anormale de la façon de marcher. Il peut se manifester par :
- Une diminution de la vitesse de marche ;
- Une réduction de la longueur des pas ;
- Une instabilité ou des pertes d’équilibre ;
- Une asymétrie entre les deux jambes ;
- Des difficultés à initier ou à arrêter la marche ;
- Une fatigue excessive lors des déplacements ;
- Un risque accru de chutes.
Ces difficultés peuvent apparaître progressivement ou soudainement, selon leur origine et leur évolution.
Les principales causes des troubles de la marche
Le vieillissement
Avec l’âge, plusieurs changements physiologiques surviennent :
- Diminution de la force musculaire ;
- Réduction des capacités d’équilibre ;
- Altération des réflexes ;
- Baisse des performances sensorielles.
Ces modifications augmentent le risque de déséquilibre et de chute, particulièrement dans les environnements complexes.
Les atteintes musculosquelettiques
Les douleurs articulaires, l’arthrose, les déformations orthopédiques ou encore les faiblesses musculaires peuvent également altérer la marche.
La personne adapte alors spontanément son déplacement pour éviter la douleur, ce qui peut entraîner des compensations parfois inefficaces ou délétères à long terme.
Les troubles neurologiques
Les atteintes neurologiques représentent une cause fréquente de troubles locomoteurs.
Parmi les plus courantes :
- L’accident vasculaire cérébral (AVC) ;
- La maladie de Parkinson ;
- La sclérose en plaques ;
- Les lésions médullaires ;
- Les traumatismes craniocérébraux ;
- Les neuropathies périphériques ;
- La paralysie cérébrale.
Dans ces situations, le cerveau ou le système nerveux ne parviennent plus à transmettre efficacement les informations nécessaires à la coordination des mouvements.
Les conséquences sur la vie quotidienne
Une perte d’autonomie – les déplacements deviennent plus difficiles pour :
- Faire ses courses ;
- Se rendre à un rendez-vous ;
- Participer à des activités sociales ;
- Maintenir une activité physique régulière.
Une augmentation du risque de chute – les chutes constituent l’une des complications les plus fréquentes et les plus préoccupantes. Elles peuvent entraîner :
- Des fractures ;
- Une perte de confiance ;
- Une réduction des déplacements ;
- Un déconditionnement physique progressif.
Un impact psychologique – la peur de tomber conduit souvent à limiter ses activités. Ce cercle vicieux favorise l’isolement social et contribue à une diminution de la qualité de vie.
L’importance d’une évaluation précise
Pour mettre en place une intervention efficace, il est indispensable d’identifier les mécanismes responsables du trouble de la marche.
L’évaluation peut inclure :
- L’observation clinique;
- L’analyse de la posture;
- L’étude de l’équilibre;
- Des tests fonctionnels;
- L’analyse des capacités musculaires;
- L’évaluation de l’endurance à la marche.
Cette démarche permet de mieux comprendre les limitations de la personne et de définir des objectifs réalistes et mesurables.
Les approches modernes de rééducation de la marche
L’entraînement intensif orienté vers la tâche
Les exercices d’équilibre
L’amélioration du contrôle postural constitue un élément central de la rééducation.
Les exercices peuvent cibler :
- Les transferts de poids ;
- Les réactions d’équilibre ;
- La stabilité en mouvement ;
- La gestion des perturbations externes.
Le renforcement musculaire
Une force adéquate des membres inférieurs est essentielle pour assurer une marche efficace et sécuritaire.
Le travail porte fréquemment sur :
- Les quadriceps ;
- Les muscles fessiers ;
- Les fléchisseurs plantaires ;
- Les muscles stabilisateurs du tronc.
Les technologies de réadaptation
Les nouvelles technologies offrent aujourd’hui des possibilités particulièrement intéressantes :
- Tapis roulants avec soutien partiel du poids corporel ;
- Réalité virtuelle ;
- Robotique de rééducation ;
- Stimulation électrique fonctionnelle (SEF) ;
- Analyse instrumentée de la marche.
Ces outils permettent d’augmenter l’intensité et la précision des séances tout en favorisant l’engagement du patient
Une marche différente à chaque âge : pourquoi l’adaptation est essentielle
Chez l’enfant
Chez l’adulte
Chez la personne âgée
La stimulation électrique fonctionnelle : une approche prometteuse
La stimulation électrique fonctionnelle (SEF) vise à activer certains muscles au moment opportun durant la marche.
Cette technologie est particulièrement utilisée chez les personnes présentant :
- Une faiblesse musculaire d’origine neurologique ;
- Un pied tombant après un AVC ;
- Certaines lésions médullaires incomplètes ;
- Certaines atteintes neurologiques chroniques.
Au-delà de l’assistance apportée au mouvement, la SEF contribue à augmenter la répétition de mouvements fonctionnels et peut favoriser les mécanismes de réorganisation neurologique. Plusieurs études démontrent également des bénéfices sur la vitesse de marche, la symétrie du pas et la fonction motrice chez certaines populations neurologiques.
L’importance d’une approche personnalisée
Chaque trouble de la marche est unique.
Deux personnes présentant le même diagnostic peuvent manifester des limitations très différentes selon :
- Leur niveau de fonction ;
- Leur environnement ;
- Leurs objectifs personnels ;
- Leur condition physique générale.
C’est pourquoi la réadaptation doit être individualisée et centrée sur les besoins réels de la personne.
Conclusion
Les troubles de la marche représentent un défi majeur pour de nombreuses personnes atteintes d’une condition neurologique, orthopédique ou liée au vieillissement. Heureusement, les connaissances actuelles en réadaptation permettent aujourd’hui de proposer des interventions ciblées et efficaces.
Grâce à une évaluation rigoureuse, à un entraînement spécifique et à l’intégration de technologies innovantes comme la stimulation électrique fonctionnelle, il est possible d’améliorer la mobilité, de réduire le risque de chute et de favoriser le retour à une vie plus active
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