On vous a peut-être mal informé: 5 mythes sur la récupération neurologique

when recovery is a victory

5 croyances qui empêchent encore trop de patients de progresser

Par Dre Murielle Grangeon, PhD, Kin, Admin.A.

Lorsqu’une personne reçoit un diagnostic neurologique, qu’il s’agisse d’un AVC, d’une lésion médullaire, d’un traumatisme craniocérébral ou d’une maladie neurologique, elle est souvent exposée à une multitude d’informations contradictoires. Certaines croyances, bien ancrées dans l’imaginaire collectif, peuvent même décourager les patients de poursuivre leur réadaptation.

Pourtant, les connaissances scientifiques ont considérablement évolué au cours des dernières années. Voici cinq mythes fréquemment entendus en neuroréadaptation et ce que la science nous apprend réellement.

Mythe #1 : Après quelques mois, il n'y a plus de récupération possible

C’est probablement le mythe le plus répandu.

Il est vrai que les progrès sont souvent plus rapides au cours des premiers mois suivant une atteinte neurologique. Toutefois, cela ne signifie pas que la récupération s’arrête par la suite.

Le cerveau et le système nerveux possèdent une capacité remarquable d’adaptation appelée neuroplasticité. Cette capacité permet au système nerveux de réorganiser ses connexions en réponse à l’entraînement, à la pratique répétée d’activités et aux nouvelles expériences.

La récupération ne s'arrête pas après 6 mois.

Aujourd’hui, de nombreuses personnes continuent d’améliorer leur mobilité, leur équilibre, leur endurance ou l’utilisation de leurs membres plusieurs années après leur diagnostic lorsqu’elles participent à des programmes ciblés et intensifs.

La récupération ralentit avec le temps, mais elle ne s’arrête pas nécessairement.

Mythe #2 : La réadaptation se résume à réapprendre à marcher

La marche constitue souvent un objectif important, mais elle est loin d’être le seul.

La véritable finalité de la réadaptation est de permettre à la personne de retrouver un maximum d’autonomie et de participation dans sa vie quotidienne.

Selon les besoins de chacun, les objectifs peuvent inclure :

  • Améliorer l’équilibre;
  • Utiliser davantage un bras ou une main;
  • Réduire la fatigue;
  • Reprendre un sport ou un loisir;
  • Retourner au travail;
  • Conduire un véhicule;
  • Participer à des activités familiales et sociales.

Dans cette perspective, la réussite ne se mesure pas uniquement par le nombre de mètres parcourus, mais par la capacité à reprendre les activités qui donnent un sens à la vie.

Mythe #3 : Si une fonction n'est pas revenue rapidement, elle ne reviendra jamais

Il est fréquent d’entendre qu’un mouvement absent après quelques semaines ou quelques mois est perdu pour toujours.

La réalité est beaucoup plus nuancée.

Certains déficits peuvent effectivement persister à long terme. Toutefois, l’absence de récupération précoce ne permet pas de prédire avec certitude ce qui sera possible dans le futur.

Grâce à des approches modernes combinant exercices spécifiques, entraînement intensif, technologies de réadaptation et pratique répétée, certaines personnes récupèrent des capacités que l’on croyait perdues.

Même lorsque la récupération complète n’est pas possible, il est souvent possible d’améliorer la fonction ou de développer des stratégies permettant d’augmenter considérablement l’autonomie.

L’important n’est pas seulement ce qui est récupéré, mais aussi ce qui peut être optimisé.

Mythe #4 : Plus je me repose, mieux je récupérerai

Le repos joue un rôle essentiel, particulièrement dans les phases aiguës de certaines conditions neurologiques. Cependant, une fois la condition stabilisée, le repos seul ne permet pas au cerveau ou à la moelle épinière d’apprendre de nouvelles stratégies motrices.

Comme pour l’entraînement physique, le système nerveux a besoin de stimulation.

La réadaptation moderne repose sur plusieurs principes :

  • La répétition;
  • L’intensité;
  • La spécificité des exercices;
  • La progression graduelle;
  • La pratique de tâches significatives pour la personne.

En d’autres mots, le cerveau apprend en faisant.

Bien sûr, les interventions doivent être adaptées aux capacités et à la condition de chacun, mais l’activité demeure généralement un moteur essentiel du changement.

Mythe #5 : Les technologies remplacent le travail du patient

Les exosquelettes, les systèmes de stimulation électrique fonctionnelle, la réalité virtuelle ou d’autres technologies innovantes suscitent beaucoup d’intérêt.

Certaines personnes imaginent qu’il suffit d’utiliser ces technologies pour récupérer automatiquement.

En réalité, ces outils ne remplacent jamais l’engagement actif du patient.

Leur rôle consiste plutôt à augmenter le nombre de répétitions, améliorer la qualité du mouvement, fournir une rétroaction plus précise ou permettre la pratique d’activités qui seraient autrement difficiles à réaliser.

Les meilleurs résultats sont généralement observés lorsque la technologie s’intègre à un programme de réadaptation personnalisé impliquant des objectifs clairs, un encadrement clinique et une participation active de la personne.

La technologie est un accélérateur de réadaptation, pas une solution miracle.

Ce qu'il faut retenir

La récupération neurologique est souvent plus complexe et plus prometteuse qu’on ne le croit.

Même lorsque les progrès semblent lents, le système nerveux conserve une capacité d’adaptation qui peut être stimulée à travers des interventions appropriées. Les avancées en neuroréadaptation nous rappellent qu’il est important de remettre en question les idées reçues et de se concentrer sur ce qui est réellement possible pour chaque individu.

Les centres comme Neuro-Concept, ont une approche fondée sur les données scientifiques, l’intensité de l’entraînement et l’utilisation judicieuse des technologies peut permettre aux personnes vivant avec une atteinte neurologique de repousser leurs limites et de poursuivre leurs progrès, parfois bien au-delà de ce qu’elles imaginaient possible.

Références

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